Myriam Beaudoin - Livres
   

 

Premieres Amours

Señorita Sacha (Collectif Premières amours),
Éditions La courte échelle, 2008

« Comment résister à des mots doux murmurés dans une langue étrangère? Comment survivre aux amours qui finissent, parfois même sans un au revoir? Premiers baisers, passions d'été, amours impossibles, malentendus ou désillusions brûlantes : qu'importe la chanson, quand on aime, c'est toujours pour la première fois.

Le collectif Premières amours rassemble neuf écrivaines de la relève autour du thème des émois adolescents, qu'elles revisitent chacune à leur manière. Lumineuses, drôles, tendres ou tragiques, leurs nouvelles racontent l'éternelle marche à l'amour, des rêveries fébriles jusqu'aux souvenirs déchirants.
Premières amours, c'est un voyage dans le vif du désir qui porte les lectrices d'une expérience à l'autre. Comme pour mieux y revivre, au détour, leur propre histoire. »


 

 

Revue de presse

Voir

 


 

 


Voir, 13 novembre 2008

Tristan Malavoy-Racine

 

Coeurs ouverts

Myriam Beaudoin et Catherine Lalonde font partie des neuf auteures de Premières amours, un collectif dont chaque nouvelle revisite, à sa manière, la saison des premiers émois.

À elles neuf, elles incarnent la fine fleur de la jeune littérature féminine d'ici. Joli coup de la part de La courte échelle, donc, que d'avoir réuni autour d'un projet destiné aux 13-16 ans les Mélikah Abdelmoumen, Nelly Arcan, Myriam Beaudoin, Fanny Britt, Marie-Chantale Gariépy, Catherine Lalonde, Claudia Larochelle, Corinne Larochelle et Sophie Lepage.

"C'est le 30e anniversaire de la maison, cette année, alors nous avons décidé de nous faire un cadeau", explique Geneviève Thibeault, chargée de la direction littéraire de ce recueil voué aux élans du coeur adolescent. "Un cadeau que nous offrons maintenant aux jeunes: Premières amours, c'est un concert de voix parmi les plus intéressantes de la littérature québécoise contemporaine, qui abordent la thématique sous des angles très variés. Ça va du tragicomique à l'écriture blanche, en passant par le romantisme dark... Il faut souligner que pour plusieurs, c'était une première expérience en littérature jeunesse."

Pour Myriam Beaudoin, c'était de surcroît une initiation au récit court. "J'ai un rythme de romancière, j'ai l'habitude de développer mes idées sur des dizaines et des dizaines de pages, alors ça a représenté un apprentissage que de tout concentrer en quelques-unes", nous dit l'auteure jointe à Vollezele, en Flandre, où elle peaufine son troisième roman. "Avec la thématique, par contre, j'ai été à l'aise tout de suite. Il faut dire que j'ai enseigné au secondaire pendant quatre ans, à des filles, en plus, alors évidemment j'ai observé tout ça de près! J'ajoute que l'adolescente en nous n'est jamais très loin. Cette période si forte, belle et cruelle, on la porte pour toujours."

Dans sa nouvelle Señorita Sacha, une ado en vacances dans les Caraïbes, avec ses parents, va vivre les premiers emballements du coeur et du corps en compagnie de Felippe, qui lui susurre des poèmes en espagnol et ne se perd pas en préliminaires... "Elle trouve que c'est le temps, que le fruit est mûr, alors elle plonge. Elle se trouve chanceuse de vivre ça dans un cadre aussi exotique, en fait. Elle a raison."

CENTRE DE GRAVITÉ

Chacune a rencontré ses petites difficultés, les écrivaines voulant à tout prix trouver le ton juste. "Nous avons travaillé fort, confirme Geneviève Thibeault. Nelly Arcan, par exemple, a changé trois fois de narrateur! Pour d'autres, il y avait le souci de bien traduire la façon dont les jeunes vivent certains sujets délicats, comme la frontière entre l'amour et l'amitié, dont on soupçonne l'importance, à l'adolescence, mais qui demeure floue."

Cerises givrées, la nouvelle de Catherine Lalonde, pimpante et sautillante comme deux chums de filles dans un espace de liberté, explore cette frontière. Après lui avoir confié qu'elle n'a encore jamais embrassé, qu'elle est terrorisée à l'idée d'être "super nouille" quand ça va lui arriver, c'est avec sa meilleure amie que la narratrice va le vivre, son premier baiser. "Ce qui m'intéressait, précise l'auteure, ce n'était pas du tout de montrer le début d'un questionnement du genre "suis-je lesbienne?", ce n'est pas le sujet, mais bien d'évoquer le genre de moments troubles que l'on peut vivre à cet âge." En tournant la dernière page, d'ailleurs, et cette nouvelle est réussie précisément pour cela, ce qui nous reste à l'esprit, c'est l'image d'un tout premier baiser, de sa saveur, bien davantage qu'un épisode vaguement lesbien. "À cet âge, la gravité n'est pas au même endroit. Le même épisode vécu par une femme au début de la vingtaine aurait signifié autre chose, mais pour une ado, ce que vit ma narratrice est sans doute bien moins grave que le fait d'arriver à son bal de finissants avec un bouton!"

Premières amours
collectif, illustrations de Julie Morstad
Éd. La courte échelle, 2008, 240 p.

Lien : http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1&section=10&article=61468

 


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